Chronique Littérature 11 février 2026 · 3 min de lecture

8,2 secondes de Maxime Chattam

Thriller à double voix, 8,2 secondes mêle enquête criminelle et introspection, dans une œuvre qui questionne autant le suspense que la capacité de l'auteur a se renouveler.

Auteur · 11 février 2026
Image fournie par l’auteur

Maxime Chattam est une figure incontournable du thriller français. Auteur prolifique depuis plus de vingt ans, il s’est imposé avec un univers sombre, nerveux, largement nourri d’influences anglo-saxonnes – Stephen King en tête, dont il revendique l’empreinte, notamment dans sa manière d’explorer la psychologie et les zones d’ombre de l’âme humaine. Il se fait connaître du grand public avec L’Âme du mal, premier volet de la trilogie du Mal, et enchaîne ensuite plusieurs succès marquants comme le cycle de l'Homme, la saga Autre Monde ou encore le diptyquedu Temps.
Avec 8,2 secondes, Chattam propose un roman à double focale. D’un côté, une jeune policière confrontée à une enquête sur un tueur en série, tout en tentant de démêler une vie sentimentale chaotique. De l’autre, une scénariste plus âgée qui se retire dans un chalet isolé, aux confins du Canada, pour affronter un deuil dévastateur. Deux trajectoires, deux solitudes, et un récit qui oscille entre tension policière et introspection.
J’abordais ce roman avec curiosité mais sans attente particulière. Grande lectrice de Chattam dans ma jeunesse, je m’en suis peu à peu détachée – essoufflement de la plume ou évolution de mes goûts, difficile à trancher. Désormais, seuls les pitches qui m’intriguent me ramènent vers lui. Ici, le titre mystérieux et une quatrième de couverture volontairement évasive avaient piqué mon intérêt.
Au final, pas de réelle déception, mais un manque d’implication. Le récit policier, plus classique, se révèle aussi plus dynamique – quoique parfois mièvre. Le versant introspectif, centré sur le deuil, teinté de fantastique, offre des passages intéressants sur la culpabilité et l’acceptation, mais souffre d’un certain flottement narratif. Les cinquante dernières pages enchaînent les twists : certains prévisibles, d’autres excessifs, en somme jamais efficaces.
Bilan : un roman qui s’appuie sur les acquis de l’auteur, parfois un peu paresseux, malgré quelques tentatives d’innovation. Peut-être pire qu’un livre décevant : un livre qui s’oublie vite.

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