Michael McDowell (1950-1999) est un auteur et scénariste américain originaire d’Alabama, formé à Harvard et titulaire d’un doctorat en littérature. Il s’est fait connaître comme une figure majeure du gothique sudiste et de l’horreur littéraire, enchaînant plus de trente romans sous son nom ou divers pseudonymes, explorant des récits mêlant surnaturel, violence et psychologie humaine. Parmi ses œuvres phares figurent la saga Blackwater — devenue culte notamment en France — mais aussi Katie ou Les Aiguilles d'or. McDowell a aussi travaillé à Hollywood, signant notamment les scénarios de films cultes comme Beetlejuice et The Nightmare Before Christmas
Dans L’Amulette, traduit pour la première fois en français et publié en 2025, McDowell ancre son récit dans une Amérique profonde des années 1960. Il s’ouvre en Alabama, où Dean Howell, jeune soldat en formation, subit un accident sur le terrain qui le laisse dans un état végétatif. Sa femme Sarah, déjà accablée par une vie austère, doit s’occuper de lui tout en subissant les reproches et la pression de sa belle-mère Jo. Lorsque Jo remet une étrange amulette à l’homme qu’elle tient pour responsable de ce drame, une série de morts inexpliquées et d’événements macabres se déclenche, entraînant les habitants d’une petite ville dans une spirale de violence et de fatalité...
Ce qui frappe dans ce roman, c’est à nouveau le talent de McDowell pour la pulp littéraire : dès qu’un de ses livres sort, je m’y plonge les yeux fermés tant la lecture est fluide et prenante. Les thèmes qui lui sont si chers — la famille et ses dynamiques complexes, les conflits sociaux dans une petite communauté, et l’irruption du fantastique dans le quotidien — sont ici bien présents. La malédiction de l’amulette instille un sentiment d’inévitabilité oppressant, typique de son style. Néanmoins, ce recours fréquent donne parfois une sensation un peu répétitive : à chaque focalisation sur un personnage, on anticipe presque sa trajectoire, comme dans Destination Finale. La fin, particulièrement abrupte, m’a un peu déboussolée, comme si quelques pages supplémentaires manquaient pour vraiment clore le récit...
En conclusion, L’Amulette est un roman intéressant et représentatif de l’univers McDowell, mais ce n’est pas son meilleur : malgré une efficacité narrative incontestable, la répétition de certaines figures et une conclusion un peu sèche empêchent le texte de pleinement satisfaire.
L'amulette, de Michael McDowell
Entre petites rancœurs familiales, tensions sociales et malédiction surnaturelle, L’Amulette s’inscrit pleinement dans l’univers sombre et fataliste de Michael McDowell
Auteur · 26 décembre 2025
Commentaires
Un grand merci pour ce retour !
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